4 SÄTZE FÜR EINE SYMPHONIE Agustina Sario Laia Fabre & Thomas Kasebacher

Team Buenos Aires:
Von Agustina Sario und Matthieu Perpoint
Musik: Matthieu Perpoint, Demián Velazco Rochwerger
Bühnenbild: Leandro Egido
Licht: Adrián Grimozzi

Team Wien:
mit Laia Fabre und Thomas Kasebacher
Produktion & Technik : Emilie Dauptain, Lukas Kötz, Paul Kotal, Heinz Leitner, Lise Lendais, Jonathan Maier, Linda Nepicks, Laura Schroeder

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How is it possible that a symphony, with its four movements, with its beats and characters, can tell us something? How can rhythm and melody spark our imaginations?
What does a symphony move in our bodies, in the image, in the sound and in the narrative?
In 4 movimientos para una sinfonía (4 movements for a symphony) we look into the beginning, the unfolding, the rupture and the finale of a symphony in order to determine what causes each movement, what character it expresses and thus, from those abstractions, create a body, an aesthetic, a soundscape, thus constantly redefining the relation with the audience. In 4 movimientos understanding how we are touched and transformed by essences that reinvent us and provoke feelings in us is the starting point. 4 movimientos is based on a structure that draws the boundaries of bodies moving between the everyday and practical and the innermost and sensual. A structure through which feeding, the everyday act of cooking and eating, let us enter the movement going from the inside out. Research on the visual level carried out along with Leandro Egido, Joaquín Wall and Adrián Grimozzi has been crucial for providing the experience we want our audience to live in 4 movimientos. Research on the sound level, which started in Solo n° 3, keeps deepening along with Demián Velazco Rochwerger. This creative research has been carried out with the support of Residencia Lodo- Marte en Matienzo, Mecenazgo Cultural, Fondo Nacional de las Artes and Casa Sofía.

Agustina Sario y Matthieu Perpoint

Symphonie pour bouches et chair…
Réflexions sur Solo n°3 et 4 mouvements pour une symphonie

Le patriarcat va tomber. C’est ce que nous crions dans les rues, c’est ce qu’affirment les foulards verts qu’on attache aux poignets et aux sac à dos[1]. Et à la maison, qu’est-ce qui se passe ? Comment fait-on tomber le patriarcat dans les cuisines, les foyers, aux fourneaux ?

Dans Solo n°3, grand rite dédié à l’origine du monde, Agustina se transformait en déesse, accompagnée par ses deux prêtres-musiciens. Les deux hommes qui sonorisaient sa métamorphose restaient au bord d’un cercle sacré. Tour à tour grotte, guerrière, arbre, vulve géante, la féminité se connectait à la nature la plus sensuelle, dans le cadre d’une performance éco-féministe. Partir d’un corps de femme pour défaire le protagonisme de la figure humaine, évoluer au cœur de l’animal, du végétal, de l’organique.

4 mouvements pour une symphonie construit un écosystème radicalement différent : la traditionnelle image de la femme qui attend dans la cuisine, surveillant ce qui est au four, tandis que l’homme dans le salon sert du vin aux invités. Dans ce cas, les invités spéciaux du couple, c’est nous autres, le public excité par l’odeur d’escalope milanaise qui émane du four allumé sur scène. Autant de systèmes de domination à la fois ! Sérieusement ? Au regard des luttes d’émancipation actuelles, les structures de l’hétéronormativité et le fait de manger de la viande sont de terribles sacrilèges… Révolutionnaire = queer et vegan ?

Les 4 mouvements seront donc ceux de carnivores hétérosexuels. Mais ce qu’ils se proposent, c’est de mettre en morceaux les images que nous associons traditionnellement à la cuisine, en entrant dans la chair, à grand renfort de couteaux et de marteaux. Tout devient bouts, morceaux, tranches. On hache les éléments scéniques comme on hache de la viande : petits bouts de vidéos, petits bouts de sons - à l’autre bout de la table qui traverse la scène, le musicien-cuisinier Damian découpe et assemble des fragments sonores. Et la longue nappe blanche qui recouvre la table se salit rapidement : de la pureté, non merci. Alors que le public mange de l’escalope avec les doigts et qu’on débouche toujours plus de bouteilles de vin, Agustina se fait viande. Dans une danse sensuelle contre le sol, elle passe par la farine son corps trempé dans l’oeuf, mais sans jamais se transformer en une femme qui s’offrirait à la décoration du mâle vorace qui la désire. Il y a encore quelque chose de la déesse de Solo n°3, un peu plus chrétienne cette fois, nous offrant son corps et son sang dans une eucharistie faite maison. Et ce sacrifice se fait avec passion, dans le plaisir d’un devenir-escalope, en empathie avec cette viande… Sur l’écran, entre les multiples bouts de vidéo, apparait l’image d’Agustina cousant des tranches de viande. Coudre en cuisine, penser la matière animale non seulement comme objet de mastication mais aussi comme substance artistique, œuvre en devenir.

Tout ce qui suit est une histoire de viande. D’amour et de viande. D’abandon au désir, hors de toute morale. Agustina se demande pourquoi ça la dégoute tant de voir de la nourriture mastiquée dans la bouche de Matthieu, puis celui-ci chante. La bouche si grand ouverte qu’on en voit presque la chair du son, surgissant du plus profond de ses entrailles. Quand ils dansent un duo, ce ne sont plus des individus qui sont en relation, mais des compositions de chair expérimentant des façons d’entrer en contact, de se pousser, de se lever. La maîtresse de maison et le chef de famille ont disparu. Les structures patriarcales ont disparu. Il ne reste que les corps qui jouent, les mains, les fesses et les éclats de rire. Lorsqu’ils invitent le public à danser un slow dans l’espace qu’ils ont rempli de matières et d’intensités, il ne peut plus s’agir de la danse adolescente maladroite des années quatre-vingt. Nous nous collons joue contre poitrine, côtelette contre bavette, bifteck contre bifteck. Nous faisons partie de cette symphonie animale.

Leslie Cassagne 

[1] en Argentine le foulard vert est devenu l’emblème de la lutte pour le droit à l’avortement.

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Leslie Cassagne est danseuse et chercheuse en danse. Elle réalise actuellement une thèse à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis sur l’usage des matières documentaires en danse contemporaine, entre l’Europe et l’Argentine. Elle collabore régulièrement au site maculture.fr. Ses créations questionnent les mémoires de gestes, les ancrages géographiques et les déterritorialisations.

4 MOVIEMIENTOS PARA UNA SINFONÌA  ist eine Arbeit über häuslichen Raum und Autobiographie. Das Paar und die Menschen, die es konstituieren, sind das Material, das dem Stück Gestalt gibt.
4 MOVIEMIENTOS PARA UNA SINFONÌA verkörpert die emotionalen Bindungen innerhalb des Hauses, in guten wie in schlechten Zeiten.

Die Argentinierin Agustina Sario und der Franzose Matthieu Perpoint, Künstlerpaar mit Sitz in Buenos Aires hätten bei uns im September, für die Saison-Eröffnung, mit ihrem Stück 4 SÄTZE FÜR EINE SYMPHONIE (4 MOVIEMIENTOS PARA UNA SINFONÌA) auftreten sollen. Wegen die Covid-19 Krise und Reise-Schwierigkeiten ist ein Kommen von Perpoint und Sario jeden Tag unwahrscheinlicher geworden. Wir haben zusammen an eine andere Lösung gearbeitet um das Stück in Wien auf die Bühne zu bringen. Sario und Perpoint werden dann von Buenos Aires aus, via Video-Anruf, die Regie führen. Ein KünstlerInnen-Liebespaar aus Wien wurde für diese Rolle gecastet : Laia Fabre und Thomas Kasebacher

HIER können Sie mehr über dem Prozess der Enstehung des Stückes entdecken.
You can have a look HERE in the making-of of the piece. 

Pressespiegel

  • They go from a domestic scene to becoming erotic, poetic, and provocative subjects.

    La Nación
  • A life-dancing real couple

    Clarín

Symphonie für Münder und Fleisch
Reflexionen über 4 SÄTZE FÜR EINE SYMPHONIE

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    Das Patriarchat wird zusammenbrechen. Das skandieren wir in den Straßen, das ist die Botschaft unserer grünen Schals, die wir an unsere Handgelenke und Rucksäcken gebunden haben (In Argentinien wurde der grüne Schal zum Symbol des Kampfes für das Recht auf Abtreibung). Und wie sieht es zu Hause aus? Wie bringt man das Patriarchat in der Küche, dem Haushalt und am Herd zu Fall?

    In Solo n°3, einem großen, dem Ursprung der Welt gewidmeten Ritus, verwandelt Agustina sich in eine Göttin, begleitet wird sie von ihren beiden Musikern und Priestern in Personalunion. Die beiden Männer, welche die Metamorphose auf der Ebene des Klanges ausdrücken, bleiben am Rand eines heiligen Kreises stehen. Die Weiblichkeit, die sich jeweils in eine Grotte, Kriegerin, einen Baum und eine Riesenvulva verwandelt, verbindet sich mit der Natur in ihrer sinnlichsten Form – im Rahmen einer öko-feministischen Performance. Der Ausgangspunkt zur Zerlegung der menschlichen Gestalt, zum Wachstum im Herzen der Tiere, der Pflanzen und des Organischen ist der Körper der Frau.

    4 Sätze für eine Symphonie konstruiert ein radikal anderes Ökosystem: das traditionelle Bild einer Frau, die in der Küche wartet, den Herd überwacht, während der Mann den Gästen im Wohnzimmer Wein kredenzt. In diesem Fall sind die Gäste des Paares wir, das Publikum, dem beim Geruch des Schnitzels auf Mailänder Art von dem auf der Bühne aufgedrehten Ofen das Wasser im Mund zusammenläuft. Wie viele Dominanzsysteme hier gleichzeitig versammelt sind! Ernsthaft? Angesichts der derzeitigen Emanzipationskämpfe stellen die Norm der Heterosexualität und die Tatsache, Fleisch zu essen ein fürchterliches Sakrileg dar. Revolutionär = queer und vegan?

    Die vier Sätze finden sich in den Bewegungen heterosexueller Fleischesser wieder. Aber sie schlagen vor, die Bilder, die wir normalerweise mit der Küche assoziieren, aufzubrechen, indem wir mit Hilfe von Messern und Hämmern tief ins Innere des Fleisches eindringen. Alles wird zerlegt, zerstückelt, in Scheiben geschnitten. Die szenischen Elemente werden zerhackt wie das Fleisch: kleine Videoabschnitte, Tonfetzen – am anderen Ende des Tisches, der sich über die Bühne zieht, zerschneidet und fügt der Musiker-Koch Damian Audiofragmente zusammen. Das lange, weiße Tischtuch wird schnell schmutzig: Nein, lieber keine Reinheit, vielen Dank. Während das Publikum mit den Fingern Schnitzel isst und immer mehr Weinflaschen entkorkt werden, wird Agustina zu Fleisch. In einem sinnlichen Tanz wälzt sie auf dem Boden ihren mit Ei bedeckten Körper in Mehl, wird jedoch nie zu einer Frau, die sich für die Dekoration des gefräßigen Mannes hergibt, der sie begehrt. Da ist immer noch etwas von der Göttin von Solo n°3 zu spüren - in einer etwas christlicheren Variante, die uns ihren Körper und ihr Blut in einer hausgemachten Eucharistie anbietet. Und dieses Opfer erfolgt mit Leidenschaft, mit freudigem Blick auf ein künftiges Schnitzel-Dasein, in einer Empathie mit diesem Fleisch; auf dem Bildschirm erscheint zwischen zahlreichen Videoabschnitten Agustina, wie sie Fleischschnitten zusammennäht. In der Küche nähen heißt, die tierische Materie nicht nur als Gegenstand der Kaumuskeln zu betrachten, sondern als künstlerische Substanz, als ein zukünftiges Werk.

    Alles, was dann folgt, ist eine Geschichte des Fleisches. Der Liebe und des Fleisches. Der Aufgabe und des Verlangens, abseits jeglicher Moral. Agustina fragt sich, warum es sie so abstößt zu beobachten, wie die Nahrung in Matthieus Mund zerkaut wird – und dann beginnt dieser zu singen. Der Mund ist so weit offen, dass man fast das Fleisch des Tons sehen kann, das aus den Tiefen seiner Eingeweide aufsteigt. Wenn die beiden als Paar tanzen, sind sie keine in einer Beziehung zueinander stehenden Individuen mehr, sondern eine Fleischkom- position, die mit verschiedenen Möglichkeiten, in Kontakt zu kommen, einander zu stoßen und aufzuheben, experimentiert. Die Dame des Hauses und der Hausherr sind weg. Die patriarchalen Strukturen sind verschwunden. Es bleiben nur noch die spielenden Körper, Hände, Schenkel und ein Auflachen. Wenn die beiden das Publikum auffordern, einen Stehblues in dem Raum zu tanzen, den sie mit Materie und Intensität gefüllt haben, geht es nicht mehr um den ungeschickten Tanz Pubertierender aus den 80er Jahren. Wir pressen Wange an Brust, Kotelett an Schürze, Beefsteak an Beefsteak. Wir sind Teil dieser Tiersymphonie.
     

    Text von Leslie Cassagne
    Übersetzung von Isolde Schmitt


    Leslie Cassagne ist Tänzerin und Tanzforscherin. Sie schreibt derzeit an einem Doktorat an der Universität Paris 8 Vincennes-Saint-Denis über die Verwendung von Dokumentarmaterial im zeitgenössischen Tanz zwischen Europa und Argentinien. Sie arbeitet regelmäßig für die Webseite maculture.fr. In ihren Werken werden die Erinnerungen von Gesten, geographische Verankerungen und Entwurzlungen hinterfragt.

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